Centre Média

CONTACT POUR LES MEDIAS

COMMUNIQUE DE PRESSE

DECLARATION OFFICIELLE

 

7ème Journée africaine de lutte contre le paludisme

Déclaration de Monsieur Youssouf Oomar, Représentant-Résident 

Abidjan, le 27 avril 2007

• Monsieur le Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique,
• Monsieur le Maire d’Attécoubé,
• Mesdames et Messieurs les Représentants de l’Administration,
• Chers Collègues du Système des Nations Unies,
• Mesdames et Messieurs les Représentants d’Institutions et ONG nationales et internationales,
• Mesdames et Messieurs les Chefs coutumiers et religieux,
• Mesdames et Messieurs de la Presse,
• Mesdames et Messieurs,
• Chers amis,

La 7ème Journée Africaine de Lutte contre le Paludisme nous offre une nouvelle opportunité de nous rencontrer sur le terrain, rencontres que nous apprécions hautement car elles nous rapprochent encore plus de la communauté au service de laquelle nous oeuvrons. Cependant la rencontre d’aujourd’hui revêt un caractère particulier car elle concerne la maladie la plus fréquente et celle qui tue le plus d’enfants et de femmes enceintes en Côte d’Ivoire et dans toute l’Afrique sub-sahélienne.

On compte chaque année entre 350 et 500 millions de cas de paludisme dans le monde et plus d’un million de décès dont plus de 90% surviennent en Afrique sub-sahélienne. Le paludisme tue une personne toutes les 30 secondes uniquement en Afrique sub-sahélienne. 

Au plan économique on estime à plus de 12 milliards de dollars la perte annuelle de Produit Intérieur Brut (PIB) alors qu’une partie de cette somme suffirait à l’éliminer. Ces chiffres très graves  nous interpellent de la façon la plus forte et nous invitent à faire une autocritique objective si l’on veut atteindre nos objectifs et ceux du millenium. 

La Côte d’Ivoire est un pays très fortement touché par cette maladie qui constitue également la première cause de mortalité des enfants : sur 700 000 enfants qui naissent en Côte d’Ivoire en une année, presque 82 000 vont  mourir avant l’âge d’un an et parmi eux, plus de 27 000 meurent à cause du paludisme avant d’atteindre l’âge d’un an. La maladie se transmet pratiquement durant tous les mois de l’année. La résistance du parasite à la chloroquine dans plus de 63% des cas, médicament le moins chère et le plus disponible aggrave la situation. C’est pourquoi nous nous félicitons de la signature par le Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique de l’arrêté ministériel du 2 janvier 2007 portant institution d’un schéma thérapeutique pour le traitement du paludisme conforme aux exigences internationales et interdisant  en même temps l’utilisation de la chloroquine sur tout le territoire de la Côte d’Ivoire.

Pour l’UNICEF la lutte contre le paludisme a été hissée au rang des grandes priorités. Inscrites à tous les niveaux du programme annuel de coopération, nos actions sont multiples et passent par le plaidoyer national et international pour un renforcement de la lutte contre ce fléau jusqu’à l’intégration des activités à tous les niveaux en particulier au niveau communautaire. 

Cette année et plus qu’auparavant la lutte contre ce fléau a subit une nette accélération avec la mise en place de la Stratégie de Survie de l’Enfant qui doit nous permettre à travers l’application de paquets d’intervention à haut impact sur la réduction de la mortalité infantile et au moindre coût d’atteindre les objectifs du millénaire.

Sans en faire le bilan exhaustif de ces actions, nous pourrons citer :

1) La distribution en fin 2006, grâce au financement du Gouvernement du Japon que nous remercions vivement, de 360 000 moustiquaires imprégnées de longue durée dans 38 districts sanitaires couverts par l’UNICEF pour un coût de plus de 1, 900, 000 USD soit 950 000 000 FCFA environ.

2) La mise à la disposition des 38 districts en 2007 de nouveaux traitements contre cette maladie d’un coût de 116,400 USD soit plus de 58 000 000 FCFA permettant de traiter 52 200 personnes. Ce traitement intégré au système de santé et au recouvrement des coûts, coûtent 1300 FCFA au citoyen, prix bien en dessous de son prix de revient et très bas par rapport aux prix pratiqués dans les officines pharmaceutiques.

3) la Coopération Japonaise va également permettre l’acquisition et la distribution en 2007 de 313 000 nouveaux moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue rémanence pour un coût de 2 millions 100 milles USD soit 1 milliard 50 millions de FCFA environ. Ces moustiquaires sont destinées aux 41 districts sanitaires couverts par l’UNICEF, qui les remettront gratuitement aux enfants de moins d’un an complètement vaccinés et aux femmes enceintes dès leur première consultation prénatale.

4) La réalisation en 2007 d’une étude sur l’acceptabilité de la moustiquaire imprégnée d’un coût de plus de 4, 600, 000 FCFA.

5) Par ailleurs une importante mobilisation de ressources est engagée au cours de cette année dans le cadre de la stratégie de survie de l’enfant dans le but d’essayer de satisfaire à court terme l’ensemble des besoins en moustiquaires et en médicaments selon le nouveau schéma du pays.

Cependant, force est de constater que nous sommes loin de nos aspirations en matière de lutte contre ce fléau et le slogan de cette année est à juste titre très pressant et disant : « faire reculer le paludisme, Maintenant ».

Nous avons effectivement tardé et même trop tardé au détriment de milliers de décès surtout de femmes et d’enfants ; mais il n’est pas trop tard et nous croyons sincèrement que les principales mesures suivantes que nous pourrions mettre en place dans le cadre de la stratégie accélérée de la survie et du développement de l’enfant seront à même de réduire sensiblement ce fléau. Ce sont :

Premièrement la mise en place d’un partenariat le plus large possible. Dans ce cadre, nous nous félicitons aussi du soutien du Fonds Global aux efforts de lutte contre cette maladie en Côte d’Ivoire. Ce Fonds a pour la première fois, accepté de financer les activités de lutte contre le paludisme en Côte d’Ivoire pour les 5 ans à venir. 

Deuxièmement La généralisation de la nouvelle association médicamenteuse  qui nécessite de la part du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique la mise en œuvre d’un programme audacieux et autoritaire  pour faire appliquer l’arrêté du 2 janvier 2007 en imposant la prescription du nouveau traitement à tous les prescripteurs et en retirant les importantes quantités de chloroquine disponibles partout y compris dans les structures de l’Etat.

Troisièmement la généralisation de l’utilisation de la moustiquaire imprégnée d’insecticide qui a elle seule permettra de diminuer de 25% le nombre de décès par paludisme chez les enfants de moins de 5 ans.

Quatrièmement la généralisation du traitement intermittent de la femme enceinte, la désinsectisation et le changement de comportement vis-à-vis d’une maladie qui n’est pas une fatalité.

La 7ème Journée Africaine de Lutte contre le paludisme doit unir toutes nos voix pour dire que le paludisme est certes mortel mais qu’on peut traiter et prévenir. 

Permettez-moi, Monsieur le Ministre, de profiter de cette occasion pour remercier le gouvernement Japonais et l’Union Européenne ainsi que tous les autres bailleurs de fonds pour leur générosité et leur engagement concret à nos cotés dans le cadre de la lutte contre le paludisme. 
 
Je ne terminerai pas cette allocution sans réitérer encore une fois l'engagement de l'UNICEF à déployer tous les efforts possibles pour réduire ce fléau et contribuer en particulier à rendre l’enfant ivoirien et la mère ivoirienne plus heureux et sans remercier Monsieur le Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique d’avoir bien voulu nous associer à cette importante manifestation.

Je vous remercie.


 

 

 
Search:

 Email this article

unite for children