Histoires de vie

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Kokolo Rufin, l'espoir d'une géneration. Congo Brazzaville

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Rufin à la maison

« Je m’appelle Rufin KOKOLO. Je suis à l’école préparatoire ORA d’IMPFONDO en 2ème année. KOKOLO Gérard est mon père et Ma Marie  MATOUMBA, ma mère.  Nous habitons le quartier To sangana (vivons ensemble) à Impfondo. Mes parents sont venus des profondeurs de la foret de MAFOUETE, rivière Motaba, dans le District de Dongou à plus de 300 km d’Impfondo ».
Les parents de Kokolo situent sa naissance autour des troubles socio politiques des années 97 et 98. Ainsi, en attendant l’établissement de son acte de naissance demandé suite au plaidoyer de l’UNICEF et de l’Action sociale, Rufin a environ dix ans s’accordent à dire ses proches.
Jean Baptiste Ruzindaza, responsable de l’école parle de Rufin comme d’un élève modèle qui apprend vite. Il est ponctuel, discipliné,  régulier. Il est le meilleur de sa promotion. Et KOKOLO Rufin justifie cette performance. « Les parents nous ont envoyés à l’école pour apprendre, lire écrire et  compter comme les enfants bantous. Ainsi, nous aussi, nous pourrons lire et écrire des lettres pour nos parents. Nous pouvons devenir plus utiles à notre communauté et à la société en devenant  docteur, enseignant, d’ailleurs, ma mère souhaite que je devienne enseignant ». En effet, les parents de Rufin sont fiers de leur fils. « L’école lui a ouvert de bonnes perspectives, nous sommes reconnaissants à l’UNICEF qui soutien cette initiative », affirme Marie sa mère. « Nous avons consenti à inscrire nos enfant à l’école suite à une campagne de sensibilisations. C’est à l’école que nos enfants ont appris que nous sommes tous congolais, bantous comme BAKA (Pygmées). Cela nous valorise. Les enfants nous transmettent les règles d’hygiène apprises à l’école. Nos enfants ont un accès gratuit à cette école. Ils ont reçu un kit scolaire comprenant des fournitures scolaires et l’uniforme. Quand ils sont malades, nos enfants sont soignés gratuitement chez les sœurs religieuses ou au centre de santé de Mounguoungui. Ils ont même droit à un bilan de santé fait par la sœur ANCILLA. Grace à cette initiative, nos enfants malnutris sont pris en charge. Je voudrai également remercier l’UNICEF et le gouvernement pour la distribution gratuite des moustiquaires imprégnées pendant la semaine de santé de la mère et de l’enfant. C’est une chance inouïe car dans les profondeurs des forets, nos frères et sœurs Pygmées sont terrassés par le pian et le paludisme. Vraiment, il est bon que nos enfants soient instruits afin de participer demain au nom de la communauté à la prise des décisions. Aujourd’hui, ce sont les autres qui décident à notre place. »
Rufin est l’un des enfants sur qui la communauté fonde tant d’espoir. C’est sans doute à cause de cela, que ses parents s’organisent à lui épargner les saisons de récolte de miel ( 3 à 5 mois), la saison de pêche ( 2 mois), ou encore le ramassage des chenilles(2 mois). Des phénomènes perturbateurs pour la scolarité des enfants mais qui rythment la vie des pygmées.
Le Projet ORA est une véritable porte d’entrée pour l’accès des enfants autochtones à un paquet éducatif gratuit et à un paquet d’interventions essentielles en santé et nutrition. Seulement, sans cantine scolaire et sans renforcement des capacités des parents à travers des activités génératrices des revenus, il est difficile de maintenir les enfants durablement à l’école. Les familles pygmées vivent essentiellement de chasse, de cueillette, de pêche. Cependant, elles n’ont pas accès aux forets proches d’Impfondo, leur garde-manger naturel. A cause de cela, plusieurs familles repartent progressivement dans les lointaines forêts compromettant ainsi l’avenir des centaines d’enfants.

 


 

 

 
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