Histoires de vie

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Hélène, Maman vaccination

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Brazzaville, République du Congo, 5 mai 2007.

« Avant, plusieurs enfants n’étaient pas vaccinés à  Mantébé – comme nous sommes à la périphérie sud de Brazzaville - car le centre de santé intégré de Madibou est loin, à environ 7 km de notre quartier. Il y a des mamans qui commençaient quand même la vaccination de leurs enfants, mais vite elles abandonnaient. Il y’avait beaucoup d’abandons et nombreuses sont les mamans qui ne respectaient pas le calendrier vaccinal. Le comité local de développement de Madibou a alors demandé l’appui de l’UNICEF pour la formation des mamans relais pour le suivi de la vaccination des enfants de notre quartier. 4 mamans relais ont été formées dans notre quartier. Elles passent régulièrement dans chaque parcelle vérifier l’état vaccinal des enfants. Elles expliquent aux mamans l’importance de la vaccination pour l’enfant et pour elles mêmes, lorsqu’elles sont enceintes.

Je suis Hélène, la doyenne des mamans relais de Madibou - tout le monde m’appelle «maman vaccination». Je visite toutes les mamans pour m’assurer que l’enfant a reçu les vaccins et que le calendrier vaccinal est respecté. Vous savez, notre quartier est rural, les mamans vont très tôt  le matin aux travaux champêtres, pour cultiver le manioc surtout. Alors, je leur rends visite en fin d’après midi à leur retour. Généralement, cela se passe bien. Tout le monde me connaît dans le quartier. Je vérifie la fiche de pesée de l’enfant pour voir si le petit grandit bien. Je faits "l’éducation communautaire", comme dit l’infirmier chef du centre de santé de Madibou. En fait, je dis que le vaccin protége l’enfant contre des maladies dangereuses et aide à le faire grandir. Enfin, je raconte tous les avantages d’avoir des enfants vaccinés contre les maladies «meurtrières», comme insistait l’autre jour la dame de l’UNICEF.  Après, j’invite la maman à venir à la pesée communautaire le deuxième jeudi du mois. La pesée communautaire est une activité vraiment importante pour les relais communautaires. Ce jour là, toutes les mamans qui ont des bébés viennent sous le manguier au centre du quartier. Les agents de santé de Madibou sont là avec les vaccins. Je me charge de l’animation : c’est une ambiance de fête car nous chantons avec les mamans le chant de la vaccination, qui leur permet de se rappeler du calendrier vaccinal. Comme je connais toutes les mamans, j’invite une à deux d’entre elles à témoigner des bienfaits de la vaccination dans la vie de son enfant. Avec l’aide des infirmières, nous informons du rôle de chaque vaccin dans le corps de l’enfant, nous utilisons souvent le théâtre pour bien convaincre les mamans. C’est comme ça chaque fois à la pesée communautaire.
 
A partir de la liste des mamans que je suis, je peux facilement remarquer les mamans absentes. Pour celles là, avec les agents de santé, nous faisons tout pour rattraper les enfants à domicile Car tous les enfants doivent être vaccinés, aucun ne doit être ni oublié, ni abandonné, ni exclus, nous a dits l’UNICEF. Grâce à cette initiative, il est maintenant difficile de rencontrer un enfant non vacciné dans notre quartier, et généralement lorsqu’on en trouve c’est un enfant qui vient d’une autre localité (un visiteur). Et les cas de rougeole ont disparu de notre quartier depuis près de deux ans. »

Notre expérience est souvent citée à la télévision et à la radio. J’ai même raconté mon histoire sur RFI. Au Congo, j’ai déjà visité d’autres villages pour aider les communautés à organiser les activités communautaires de suivi vaccinal.

 

 

 
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