Histoires vécues

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Burkina Faso : Le deuxième passage des journées nationales synchronisées de vaccination contre la polio a vécu

© UNICEF/Burkina Faso/2009/Nduita J.J.
Mouniratou Ozeita, 3 ans, se fait vacciner contre la polio

Burkina Faso : Le deuxième passage des journées nationales synchronisées de vaccination contre la polio a vécu   

Par Jean-Jacques NDUITA

MouniratouOuzeita, 3 ans, avance d’un pas hésitant, visiblement perturbée, face à la vaccinatrice qui lui tend la dose de vaccin après lui en avoir vanté les bienfaits. D’autres femmes qui habitent cette cour du secteur 30, quartier périphérique de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, en rajoutent à l’argumentation de la vaccinatrice, déjà convaincante. La fillette  accepte volontiers de se faire vacciner sous les applaudissements des vaccinateurs.

Comme de nombreux enfants des quartiers périphériques de Ouagadougou, Mouniratou n’avait pas été vaccinée lors du premier passage. En ce dernier jour du deuxième passage des journées nationales de vaccination contre la polio, les vaccinateurs ratissent larges dans les coins et recoins du secteur 30 comme dans bien d’autres parties du Burkina Faso. Au cœur du dispositif mis en place pour bouter la polio hors du Burkina Faso, la stratégie avancée dite de porte-à-porte. Sous le soleil matinal qui brille sur Ouagadougou, les équipes mobiles, facilement reconnaissables par leurs dossards blancs, frappés de la mention «bouter la polio hors du Burkina», prennent d’assaut les rues étroites et poussiéreuses de ce quartier de la capitale du Burkina, ratissant cour après cour,  à la recherche des enfants non encore vaccinés après deux jours de campagne. « Les vaccinateurs ne se contentent pas de rentrer dans les cours, mais se rendent également sur les places publiques pour lancer des appels aux parents. Et les résultats sont probants», indique avec satisfaction, Saidou Zeba, responsable du Programme élargi de vaccination (PEV) au Centre médical avec antenne chirurgicale  (CMA) du secteur 30. En attestent  les statistiques du CMA du secteur 30 : 4727 enfants de 0-5 enfants viennent de recevoir les doses supplémentaires de vaccin contre la polio.
La cible initiale de 4661 enfants de la même tranche d’age a déjà été dépassée.

Assurer un meilleur avenir aux enfants du Burkina Faso

Contrairement à la première phase, le CMA n’a pas enregistré de cas de polio sauvage même si Ouagadougou connaît tout de même quelques cas de résurgence de polio au cours de cette année. Sur les cinq cas de polio confirmés, quatre concernent la seule ville de Ouagadougou. C’est dans cet esprit que s’inscrit l’appel de Mme Chantal Compaore, Première Dame du Burkina, lors du lancement des JNV la semaine dernière : « J’invite les autorités administratives, religieuses, les agents de santé, les parents d’enfants de moins de cinq ans, à se mobiliser afin que tous nos enfants soient vaccinés (…) faisons-le pour nos enfants, faisons-le pour l’avenir du Burkina Faso».

Le Gouvernement burkinabé est déterminé à éradiquer la polio avec le soutien de l’UNICEF, de l’OMS et de Rotary International. Ces trois organisations prennent le leadership de l’initiative pour traduire en actes cet engagement du Burkina Faso.
Le Ministre burkinabé de la santé, Seydou Bouda traduit justement cette vision de son pays « Nous espérons qu’en conjuguant nos efforts tel que nous le faisons, nous arriverons à bouter la polio hors de notre espace communautaire»

L’UNICEF disponibilise les vaccines de routine et les accessoires indispensables autant qu’il s’assure de la fonctionnalité à tous les niveaux, des équipements de la chaîne de froid. Il approvisionne également les districts sanitaires en glacières et porte vaccins.
Hervé Périès, Représentant de l’UNICEF au Burkina Faso traduit l’engagement du Fonds de l’enfance à assurer la vaccination de tous les enfants burkinabés : « Tous les enfants du Burkina Faso devraient être vaccinés pour  qu’ils ne contractent pas des maladies évitables par la vaccination. Voilà notre engagement fort»

Mère alphabétisée, famille épanouie

Les deux passages de Journée nationales de Vaccination synchronisées ont relevé quelques poches de résistances  à la vaccination à Ouagadougou, en particulier parmi les familles dont les parents sont analphabètes. Saidou Zeba résume en ces termes l’équation « quand la mère est instruite, elle comprend mieux les enjeux de la vaccination, peut convaincre son mari, réticent et ainsi engager toute la famille jusqu’au bout. En revanche, quand la mère n’est pas instruite, il est souvent très difficile de compter sur la collaboration du père». L’autre obstacle, concerne l’influence de certaines croyances religieuses et coutumières. Pour briser le cercle infernal de la méfiance, au cœur de ce refus, Saidou Zeba et ses agents ont beaucoup développé l’art de la négociation avec les réticents. L’exercice exige beaucoup de patience, mais finit par produire des résultats impressionnants, reconnaît-il.  

© UNICEF/Burkina Faso/2009/Nduita J.J.
Une des équipes de vaccination mobile à la fin d'une journée de travail.

A propos des Journées nationales de vaccination synchronisées contre la polio

Cette campagne est organisée dans le cadre de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite. Elle vise à atteindre 53 millions de moins de cinq ans dans huit pays d’Afrique de l’Ouest (Burkina Faso, Ghana, Togo, Bénin, Mali, Niger, Nigeria et Cote d’Ivoire)  participant à  une vaste campagne synchronisée de vaccination contre la polio. Plus de 162 000 vaccinateurs formés s’activent pour atteindre chaque enfant avec un vaccin oral contre la polio (67. 000 agents uniquement pour le Nigeria). 

Au total, 66 millions de doses de vaccin sont mises à  contribution pour chaque passage de la campagne (33 millions pour le Nigeria). La campagne  se tient en deux temps: le premier passage  a eu lieu du 27 février au 2 mars, le deuxième passage du 27 au 30 mars 2009.

 

 
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