Histoires vécues

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Burkina Faso : Des clubs aident les filles à rester et à réussir à l’école

© Unicef Burkina Faso/2007
En dépit des difficultés financières, Ramata Kaboré, ici au milieu de ses cousines, a repris le chemin de l'école grâce à l'appui du Club FAWE.

Moulée dans  une robe aux motifs multicolores, avec ses yeux d’amandes qui illuminent son visage oblong, Alice Ouédraogo exulte de joie à la vue de ses excellentes notes de français. "Comme c’est bon d’apprendre et de mieux assimiler ses leçons", dit-elle à ses camarades de classe que cet instant de bonheur  a rassemblé autour d’elle.
Alice est de ces filles que le destin a failli à jamais éloigner du chemin de l’école.  A l’age de dix  ans, elle perd son père alors qu’elle passait en classe de cinquième année du primaire. Privée de soutien financier, elle a du passer  deux ans à la maison avant de reprendre les cours. "Ma mère ne disposait  pas d’un seul sou à la mort de son père. Très affectée par la mort de son mari et malmenée par sa belle-famille qui la sommait de quitter la maison familiale en y laissant tout, elle ne faisait que pleurer», se souvient-elle. «Comment oser lui parler de notre scolarisation, dans ces conditions ?", s’interroge-t-elle.

© Unicef Burkina Faso/2007
Les clubs des filles au Burkina Faso contribuent à la réussite des filles à l'école avec l'appui des associations oeuvrant dans le domaine de l’éducation de la femme en général

Plus qu'un rêve, une réalité.

Aucun des parents d’Alice ne s’intéressait à sa scolarisation, arguant qu’en tant que «grande» fille, elle devait songer à travailler comme tout le monde avant d’envisager, à court terme de se trouver un mari. Alice ne l’entendait pas de cette oreille, elle qui rêvait de poursuivre ses études. "Pour rien au monde, je ne pouvais renoncer à mon ambition de m’instruire pour devenir utile à la société et exercer la carrière de diplomate qui m’a toujours fasciné", avoue-t-elle. Que faire face à l’état de dénuement de sa famille ? Interrogation angoissante qui hantait l’esprit de la petite Alice nuit et jour.
Finalement, au contact de l’une de ses vieilles amies, elle entendra parler du Club FAWE et des opportunités que celui-ci offre aux jeunes filles déshéritées.  Ce club a permis  à Alice de renouer avec les études deux ans plus tard.
L’association des femmes de l’éducation (FAWE), appuyée par l’UNICEF et la coopération américaine organise dans chaque lycée de Ouagadougou des clubs FAWE.  Au programme, des conseils, l’apprentissage des activités génératrices de revenus et le soutien financier.  A travers des rencontres mensuelles, les filles du club, encadrées par une marraine – généralement une enseignante de l’établissement- partagent leurs expériences et permettent aux filles de discuter et d’acquérir une plus grande confiance en elles, de s’encourager et de s’épauler mutuellement pour mener leurs études jusqu’au bout.
Au contact avec des femmes qui ont achevé leurs études et sont aujourd’hui devenues des cadres au Burkina Faso, les filles trouvent des modèles d’identification qui les stimulent davantage à prendre leurs études au sérieux.   Grâce aux activités de ce club, les filles voient leurs perceptions des études s’affiner : elles comprennent mieux l’importance de la scolarisation d’une fille. "De nombreuses filles abandonnent les études à cause du manque d’information et de soutien financier. Sans une bonne information sur les enjeux de l’éducation et un soutien financier conséquent, les filles ne comprendront pas le bien-fondé des études", avoue Prisca Rouamba, l’une des filles membres de ce club.
Outre des formations diverses qu’elles reçoivent pour leur épanouissement, les filles sont initiées à la fabrication de savon solide et liquide pour leur permettre de se familiariser avec les activités génératrices de revenus ; les revenus engendrés par ces produits de leur apprentissage, participent à l’appui financier dont elles bénéficient pour poursuivre leurs études. La transition entre la fin des études et l’obtention d’un emploi  n’est pas toujours facile à gérer pour qui n’y a pas été suffisamment préparé.  Ces enseignements font la joie des filles membres des clubs FAWE pour qui rester et réussir à l’école devient d’autant plus exaltant qu’elles en comprennent mieux les enjeux. Elles sont maintenant prêtes à braver toute sorte de pesanteurs pour défendre le droit des filles à l’éducation.

 

 
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