Histoires vécues

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Des femmes s'unissent pour la promotion de l'assainissement

Madeleine Yoda est une femme d’une quarantaine d’années très active et membre de l’association Wokokoma de Tenkodogo
En 2002 elle réalise combien la vie était difficile pour les femmes dans la localité et elle a décide alors de les aider à vaincre leur pauvreté. C’est ainsi qu’elle crée l’association Wokokoma.

Au commencement elles sont 9 femmes à rejoindre l’association et mènent des activités de sensibilisations dans les villages alentours, sur la protection de la mère et de l’enfant, notamment en ce qui concerne leur alimentation.
Puis très progressivement Madeleine Yoda se rend compte du manque d’hygiène qui existe non seulement dans la ville de Tenkodogo mais également dans les villages voisins. Elle décide donc de mener un plaidoyer auprès de la mairie et du ministère de la Santé. Ensemble, ils diffusent des films et des émissions radiophoniques sur les mesures à prendre en cas d’épidémie de Cholera et sur l’importance de l’hygiène.  Quelques temps après, l’UNICEF décident de soutenir l’association. Des femmes sont désormais formées à l’hygiène et à l’assainissement, puis par la suite sur le recyclage des déchets plastiques et la gestion du projet.
Les femmes n’ont pas tardé à se rendre compte que la plupart des ordures sont laissées devant les maisons ou tout simplement dans les cours.
"Cette situation conduit inévitablement à des maladies catastrophiques" explique Madeleine Yoda. Ainsi, pour résoudre ce problème, Madeleine a sollicité des ânes et des charrettes auprès de l’UNICEF et a organisé la collecte des déchets dans la ville et les villages voisins.
Le travail est réparti entre trois groupes de femmes. Le premier groupe est chargée de sensibiliser la population sur le bien fondé d’un bon assainissement. Le second groupe, chaque semaine, collecte les déchets de concession en concession. Avec les charrettes et les ânes, elles amènent les ordures dans une décharge. Quant au troisième groupe, il recycle les déchets en fumier qui est plus tard vendu aux cultivateurs.
La collecte des déchets n’est pas gratuite. Chaque chef de ménage qui veut bénéficier de ce service doit souscrire et payer 500 FCFA par mois. Pour les boutiques le prix s’élève à 1000 francs et les hôtels à 6000 milles francs.
Un budget est établi à la fin de chaque mois.
"Nous payons notre loyer et nous assurons également l’entretien des charrettes et des soins aux ânes. Après le règlement de toutes nos factures, nous versons à chaque femme un salaire de 6000 FCFA" dit Madeleine Yoda.

Tarnagda Bienvenue a 25 ans. Elle travaille comme animatrice pour l’association depuis sa création.
"Chaque matin, je fais du porte à porte pour expliquer comment certaines maladies sont causées par les eaux sales et l’absence de latrines. Je recherche aussi de nouveaux clients pour le service de collecte des ordures. Grâce à ce travail, je peux nourrir mes enfants et je ne suis pas dépendante de mon mari" ajoute –telle.
Augustine Zabsonré est une autre employée de l’association. Elle, est secrétaire. C’est elle qui est chargée de collecter l’argent des abonnés et d’établir le budget. "Mon marie est décédé et grâce à ce travail je peux envoyer mes trois enfants à l’école".

Aujourd’hui l’association Wokokoma compte 24 femmes et 2 hommes. Madeleine Yoda est fière de son association et souhaite que son association puisse encore s’agrandir.
"Il y a encore tellement de choses à faire", conclut-elle.

 

 

 
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