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Mutilations génitales féminines

© Unicef Burkina Faso/2011/Tarpilga C.
Séance de sensibilisation sur l'excision à Zorgho au Burkina Faso. L'abandon durable de l'excision passe par le changement des normes sociales

L’UNICEF et ses partenaires s’engagent davantage dans le changement social pour l’abandon durable des mutilations génitales féminines.

Les mutilations génitales féminines constituent une forme de violence irréversible et irréparable qui porte atteinte aux droits fondamentaux des femmes et des filles et touche de 100 à 140 millions d’entre elles partout dans le monde. Chaque année, on estime à trois millions de filles en plus dans le monde qui sont exposées au risque de subir cette pratique. En Afrique, les MGF sont pratiquées dans 28 pays y compris le Burkina Faso ou la forme la plus répandue est l’excision. Les mutilations génitales féminines sont une pratique néfaste qui constitue une grave menace pour la santé des femmes et des filles, notamment sur les plans psychologique, sexuel et procréatif, ce qui peut accroître leur vulnérabilité face au VIH, et peuvent avoir des conséquences obstétricales et prénatales néfastes, voire fatales, pour la mère et le nouveau-né, et que l’abandon de cette pratique nocive ne peut résulter que d’un mouvement général associant toutes les parties prenantes, publiques et privées, de la société, y compris les filles, les garçons, les femmes et les hommes.

Les résultats de l’étude EDS/MICS de 2010 publiée en octobre 2012, montre que la population Burkinabè est largement sensibilisée sur la problématique des mutilations génitales féminines (99.6 % de femmes et 98.5 d’hommes âgés entre 15-49 ans). La proportion d’application de l’excision chez les jeunes filles âgées entre 15-19 ans a diminué de 59.7 % à 57.7 % selon l’EDS/MICS 2010. Le taux d’excision chez les filles âgées de moins de 14 ans, le taux d’excision est de 13.3 %. Seulement 9.3 % des femmes et 10.1 % des hommes âgés entre 15-49 ans considèrent que la pratique de l’excision devrait continuer.

Malgré les dispositions législatives et les campagnes de sensibilisation, l’excision continue de toucher presque toutes les ethnies et elle est pratiquée sur l’ensemble du territoire, aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. Les femmes qui ont subi des MGF sont plus souvent exposées à des complications sévères pendant l’accouchement. Elles courent le risque de subir une césarienne, une hémorragie grave du post-partum et une hospitalisation prolongée après l’accouchement, la relative inélasticité du tissu cicatriciel pouvant entraîner une obstruction et une déchirure des tissus autour du vagin lors de l’accouchement.

Face à cette situation, l’UNICEF prône la théorie des normes sociales qui a pour objectif général de contribuer à l’élimination de la pratique de l’excision. Cette théorie est de plus en plus prisée pour l’abandon durable de l’excision, car étant très ancrée dans des valeurs sociales, croyances et normes culturelles et très liée à des idées fortes sur l’identité, la sexualité, le genre, les droits de l’homme et le pouvoir. C’est pourquoi, cette théorie promeut l’approche holistique pour la promotion des droits humains, les systèmes de protection de l’enfant et l’abandon des MGF.

Les principaux acquis au plan national

- L’excision n’est plus un sujet tabou ; des cas sont de plus en plus de signalés;
Les plus hautes autorités du pays se sont engagées publiquement pour son abandon, y compris le chef de l’Etat et la Première Dame;
- Existence d’un appareil d’Etat pour coordonner les interventions : Secrétariat permanent  du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision (SP/CNLPE);
- Engagement de plusieurs ONG/Association, Réseaux qui ont entamé des approches novatrices pour la mobilisation sociale dans le cadre d’une tolérance zéro aux MGF;
- Existence d’une loi réprimant l’excision qui est effectivement appliquée (emprisonnement de 6 mois à 3 ans et  amende de 150.000 à 900.000 FCFA; Si la mort en est  résulté, la peine est un emprisonnement de 5 à 10 ans ; Les peines sont portées au maximum si le coupable est du corps médical ou paramédical ; amende de 50.000 à 100.000 FCFA toute personne qui ayant connaissance des faits, n'en avertit pas les autorités compétentes.

-         Ce que fait l’UNICEF pour l’accélération de l’abandon des MGF

Un des résultats majeurs du Plan d’action du programme pays entre le gouvernement du Burkina Faso et l’UNICEF (CPAP 2011-2015) dans sa composante Promotion et Protection des droits de l’enfant et de la femme  est : D’ici 2014, les collectivités s’engagent davantage dans le changement social en faveur des droits des filles.
- L’UNICEF prône les approches basées sur la théorie des normes sociales pour traiter des problèmes comme l’excision ou les mariages forcés ou précoces. Ainsi, depuis novembre 2009, L'UNICEF à travers son programme "Protection de l'enfant" a entamé un processus de propagation de telles approches en organisant des rencontres de plaidoyer, d’information et de formation sur le thème.
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L’UNICEF soutient les patrouilles de sensibilisation et de dissuasion réalisées par 22 brigades de gendarmeries ainsi que les réparations des séquelles de l’excision
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Ces deux dernières années grâce à l’appui de l’UNICEF, 3,216 personnes ont été formées sur les normes sociales, 8.382 séances de sensibilisations communautaires ont été effectuées, aboutissant à 187 déclarations publiques d'abandon de l'excision. Soutenu par L’UNICEF la grande déclaration publique de Boussouma du 7 mai 2011, réunissant les 104 villages d’intervention de Mwangaza, a été un des points forts des activités anti-excision du Burkina Faso.
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L’UNICEF a appuyé techniquement le SP/CNLPE dans la contribution du Burkina à la résolution et dans le plaidoyer en vue de sa présentation et de son adoption.
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Durant la période 2011-2012 l’UNICEF a investi environ un million de dollar US pour les activités relatives à l’abandon des MGF au Burkina Faso

Les perspectives de l’UNICEF dans la lutte pour l’abandon des MGF

- Poursuivre le renforcement des capacités nationales sur la théorie des normes sociales en vue de l’accélération de l’abandon des MGF;
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Intensifier les activités de plaidoyer, de sensibilisation, d’éducation scolaire et non scolaire et de formation pour promouvoir la participation directe des filles, des garçons, des femmes et des hommes;
- Diffusion de la nouvelle résolution des Nations Unies et intensification de l’application de la législation nationale qui condamne la pratique de l’excision;
- Soutenir les activités de protection, de réparations chirurgicales et d’assistance aux femmes et aux filles qui ont subi ou risquent de subir des mutilations génitales en mettant sur pied des services de soutien social et psychologique et de soins pour leur venir en aide;
- Développer des programmes associant les exciseuses traditionnelles à des projets locaux en vue de l’abandon de cette pratique, y compris, le cas échéant, en aidant les communautés où elles exercent à leur trouver d’autres moyens de subsistance et d’autres positions à occuper dans la communauté;
- Rechercher activement des financements, en vue de l’augmentation des ressources allouées pour l’abandon de l’excision au Burkina Faso ainsi que le suivi-évaluation et la coordination des interventions.

 

 
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