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Excision au Burkina Faso : 117 Villages supplémentaires s’engagent à l’abandonner

© UNICEF Burkina Faso/2013/Yameogo D.
Une foule nombreuse de femmes, sortie pour être témoin de l'engagement solennel de la communauté pour l'abandon de l'excision.

Les populations de 117 villages des régions du Centre-Nord, du Plateau Central et de l’Est, ont proclamé publiquement  abandonner la pratique de l’excision lors de cérémonies solennelles de déclaration publique. Cette activité s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme conjoint UNFPA-UNICEF pour l’accélération de l’abandon de la pratique de l’excision au Burkina Faso.

Les cérémonies solennelles ont eu lieu à Zorgho (54 villages), Kaya (53 villages), et Yamba (10 villages), respectivement les 21, 23 et 30 mai 2013.
Chacune de ces cérémonies  a été marquée par la présence des plus hautes autorités administratives de la région, des élus locaux, des chefs coutumiers et religieux, de partenaires techniques et financiers ainsi que des foules enthousiastes. En plus des discours des officiels, les communautés, composées de représentants des communautés musulmane, chrétienne, coutumière ainsi que de représentants de femmes, de jeunes et d’enfants se sont exprimées sur l’importance de l’abandon de la pratique de l’excision afin d’assurer une meilleure vie aux petites filles. Tous ont dit « non à la pratique de l’excision » au Burkina Faso, et se sont engagés publiquement à accélérer son abandon.

De façon spécifique, les chefs coutumiers ont promis des sanctions coutumières à quiconque pratiquera dorénavant l’excision dans leurs royaumes. Des scènes symboliques de dépôts de matériel d’excision ont été réalisées ainsi que des danses et manifestations populaires.

Ces déclarations ont été rendues possibles grâce au travail incessant de l’ONG partenaire Mwangaza Action qui met en œuvre, depuis 2009, le programme « Yamwekre » qui a conduit  à la prise de conscience au sein des populations, sur les situations de violation des droits de la fille et de la femme dans les 117 villages qui ont déclaré l’abandon. Ainsi on compte 53 communes de Kaya et de Boussouma dans la province du Sanmatenga, 54 communes de Zorgho, de Boudry et de Zoungou dans la province du Ganzourgou , 10 villages de la commune de Yamba dans la province du Gourma.

Cette prise de conscience collective a été effective grâce aux multiples activités d’animation de séances éducatives opérées par des animateurs communautaires présents en permanence au sein des communautés et intervenant en langue locale sur les droits humains, la santé de la reproduction, l’hygiène, l’excision et la protection de l’enfant.

© UNICEF Burkina Faso/2013/Yameogo D.
La cérémonie a été marquée par la présence des chefs coutumiers et religieux, maillon important et influent de la communauté

Suite à l’animation de ces séances éducatives, les communautés de ces 117 villages se sont engagées, dans chaque village, à renoncer et à dénoncer dans leur contrée toute pratique allant à l’encontre de la promotion du droit et de la santé de la fille et de la femme, à commencer par l’excision. Cet engagement a été pris de manière solennelle sous la forme d’une Déclaration Publique dans chaque village. Cette déclaration publique décidée conjointement par les femmes et les hommes relève de la responsabilité de la communauté toute entière de la zone d’intervention.

Les déclarations publiques d’abandon des mutilations génitales féminines constituent un maillon important des approches basées sur la théorie des normes sociales que l’UNICEF prône pour traiter les questions notamment de l’excision et de mariage d’enfants.

La théorie des normes sociales a pour objectif général de contribuer à l’élimination de la pratique de l’excision. Elle est de plus en plus prisée pour l’abandon durable de l’excision, car très ancrée dans des valeurs sociales, croyances et normes culturelles et très liée à des idées fortes sur l’identité, la sexualité, le genre, les droits de l’homme et le pouvoir. C’est pourquoi, cette théorie promeut l’approche holistique pour la promotion des droits humains dont les droits de l’enfant et de la femme. C’est un élément constructif et majeur des systèmes de protection de l’enfant qui contribue substantiellement à l’abandon de l’excision et du mariage précoce.

Dans cette perspective, depuis 2009, l’UNICEF Burkina Faso a entamé un processus de diffusion de cette technique de communication et appuie le renforcement des capacités des intervenants gouvernementaux et non gouvernementaux dans l’utilisation de cette théorie à des fins de changement de comportements pour un plus grand respect des droits de l’enfant.

Aujourd’hui, grâce à l’appui du Programme Conjoint et de ses autres donateurs tels que les Comités nationaux, l’UNICEF a pu appuyer un nombre total de 304 villages des provinces les plus touchées par le phénomène, pour leur déclaration d’abandon de l’excision et leur engagement pour un plus grand respect des droits de l’enfant au Burkina Faso.

 

 
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