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Méthode Kangourou

La méthode kangourou appliquée aux prématurés.

Prévention des infections nosocomiales.

Chaque année, au moins 70.000 prématurés naissent en Algérie. Un grand nombre d’entre eux sont exposés à de sérieux risques d’infections nosocomiales (infections contractées dans un établissement hospitalier). Une prise en charge spéciale permet de diminuer fortement ces facteurs de risques. L’UNICEF adhère pleinement à la promotion de la « méthode kangourou » en Algérie.  

La méthode Kangourou, déjà utilisée dans d’autres pays, consiste à porter un enfant prématuré de moins de 2500 grammes stable sur les plans hémodynamiques et respiratoires entre les seins 24 heures sur 24, peau à peau. De ce contact permanent, les bébés présentent un meilleur développement cérébral et régulent mieux leur température. Ils doivent ainsi compenser le temps qu’ils auraient du passer in utéro.

Le service de néonatologie du CHU Moustapha d’Alger dirigé par le Professeur Djamil LEBANE comporte une unité « mère Kangourou ». Une étude a été menée sur 674 prématurés de moins de 2000g hospitalisés du 26 avril 2004 au 31 décembre 2010 au sein de cette unité d’une capacité de quatre lits (Rev. Méd. Périnat. (2013) 5:49-57).

Pour cette étude, l’équipe a pris en considération certains facteurs classiques susceptibles de provoquer  une infection nosocomiale à savoir : l’âge gestationnel à la naissance, le poids de naissance, le mode d’accouchement, le type de naissance, la durée d’hospitalisation supérieure à 48 heures, le mode d’alimentation et l’environnement hospitalier. En tenant compte de ces facteurs, il s’agissait de jauger l’impact des soins par la méthode kangourou dans la prévention de l’infection nosocomiale sans prendre de mesures particulières pour la prévenir en dehors du lavage des mains et l’interdiction aux visiteurs d’accéder à l’unité.

Avant leur admission dans cette unité, la grande majorité des prématurés admis avaient déjà reçu des soins conventionnels pour des pathologies représentées par les complications classiques de la prématurité. Deux tiers d’entre eux avaient été traité par une prescription d’antibiotique.  

Après leur admission à l’unité « mère Kangourou », seulement 5 % de ces prématurés traités aux antibiotiques ont poursuivi leur traitement pour une durée n’excédant pas trois jours. Aucun signe clinique pouvant évoquer une infection n’a été  constaté. Ainsi, aucun enfant ne s’est vu prescrire d’antibiotiques après le début de leur prise en charge dont la durée moyenne de leur séjour était de 11 jours.

La capacité actuelle de cette unité située au sein même du service de néonatalogie est de huit lits  et a permis de pratiquer cette méthode à près de 900 prématurés.   

L’impact des soins par la méthode kangourou dans la prévention de l’infection nosocomiale apparaît comme une stratégie efficace associant à la fois la disponibilité du lait maternel et l’effet  antistress du «peau à peau » .

Une instruction ministérielle diffusée aux structures mères enfants, n’a toujours pas permis la généralisation de cette méthode sur l’ensemble du territoire. Cependant, son introduction dans le cursus d’enseignement des résidents en pédiatrie nous autorise à penser que le comportement des pédiatres évoluera dans le sens de la promotion et la généralisation de cette méthode qui contribuera grandement à améliorer d’une manière conséquente le taux de mortalité infantile en Algérie.

 

 
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