Eliminer le TMN

OBJECTIF : Eliminer le tétanos maternel et néonatal (TMN) d’ici 2005

le Défi

Le tétanos maternel et néonatal (TMN) est un tueur rapide et douloureux qui a fait périr 200 000 nouveau-nés et 30 000 mères rien qu’en 2001 en raison de pratiques insalubres et dangereuses lors de l’accouchement. La bactérie du tétanos vit dans le sol, les excréments d’animaux et les fèces, et peut entrer dans le corps du nouveau-né si le cordon ombilical est sectionné avec des instruments souillés ou si l’incision est pansée avec du matériel contaminé.

« Les victimes du tétanos vivent souvent dans les lieux les plus reculés des pays les plus pauvres. Cela coûte plus cher pour aller au bout du monde. Ainsi, ces personnes ne sont toujours pas atteintes par les immunisations de routine et leur accès aux services de santé est souvent fort limité. Elles sont les personnes les moins importantes pour les hommes politiques et l’attitude officielle consiste à nier le problème. » Dr François Gasse, Administrateur principal chargé de programmes de vaccination.

Une fois dans le corps, la bactérie produit une toxine extrêmement puissante qui attaque le système nerveux causant des spasmes et des contractions musculaires de la mâchoire et du cou du nouveau né et plus tard de l’abdomen et du dos. La bouche du bébé devient si rigide qu’elle se « ferme » (ainsi le nom de trismus donné au tétanos) et l’enfant n’est plus capable de téter ou en dernier lieu de respirer. Le taux létal est élevé - de 70 à 100 %. Le vrai bilan du tétanos est inconnu car beaucoup de nouveaux-nés et de mères meurent à domicile sans que leur cas ne soit rapporté. Pour cette raison, le tétanos est souvent qualifié de « tueur silencieux ».

Quelque 73 % des décès par tétanos néonatal surviennent dans 8 pays : Bangladesh, Chine, République démocratique du Congo, Ethiopie, Inde, Nigéria, Pakistan et Somalie.

La majorité des mères et nouveau-nés mourant du tétanos habitent en Afrique et en Asie du Sud et de l’Est, généralement dans des zones où les femmes sont pauvres, ont peu accès aux services de santé et d’information sur les pratiques d’accouchement en toute sécurité. Lors de l’Assemblée mondiale de la Santé de 1989, quand l’objectif d’élimination du TMN fut retenu, 104 des 161 pays en développement avaient déjà éliminé le TMN de leurs problèmes majeurs de santé publique. En 1999, l’objectif d’élimination fut repris avec vigueur et la date cible pour l’élimination dans les 57 pays encore endémiques fut portée à 2005. Depuis, quatre pays (Malawi, Namibie, Afrique du Sud et Zimbabwe) ont été provisoirement reconnus comme ayant éliminé le TMN. Durant la même période, d’autres pays ont lancé des activités supplémentaires d’immunisation pour éliminer la maladie.

La solution

Le tétanos maternel et néonatal (TMN) est facilement évitable par l’immunisation et des pratiques aseptiques lors de la naissance.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande deux doses d’anatoxine antitétanique (AT) pour les femmes enceintes durant la surveillance prénatale (SPN) et trois doses d’AT à toutes les femmes en âge de procréer dans les zones à haut risque lors des ASI. Trois doses protègent les femmes pendant 15 ans et leur permettent de transmettre leur immunité aux nouveau-nés durant leurs premiers mois.

L’UNICEF travaille avec beaucoup de partenaires dans l’Initiative pour l’élimination du tétanos maternel et néonatal- OMS, le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), le PATH. L’US Fund for UNICEF, Becton Dickinson (BD), la Fondation Gates, BASICS, l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID) et Save The Children USA, des ministères de la santé et d’autres. L’initiative est centrée sur la recherche de financements durables et l’administration de vaccins de routine dans les 53 pays où le TMN reste un gros problème principal de santé publique.

Le rôle de l’UNICEF dans cet effort mondial est de procurer et livrer les vaccins, maintenir la chaîne de froid, former les agents de santé et proposer un soutien technique pour les programmes d’immunisation. Pour s’assurer que la maladie est éliminée et que cette élimination est durable, l’UNICEF est aussi engagée dans l’apprentissage et la promotion de pratiques saines au moment de la naissance.

Une contrainte rencontrée par l’UNICEF dans ce domaine est de trouver suffisamment d’agents de santé. Les personnes les plus vulnérables habitent pour la plupart en effet des localités très isolées et les vaccinateurs doivent parfois se déplacer pendant plusieurs jours, à pied, en bateau, en chameau pour les atteindre. Dans certains pays, les femmes refusent d’être immunisées par des hommes ou ne veulent pas quitter leurs habitations et le personnel de santé doit faire du porte à porte.

« Nous pouvons nous rendre dans un village avec des vaccins et ne trouver personne. Nous nous entretenons souvent avec des populations illettrées ou non informées sur le tétanos. Il y aussi de profondes explications mystiques à propos du tétanos qui font que les communautés ont du mal à établir un lien causal entre des pratiques autour de la naissance et la maladie. » Dr François Gasse. De nouveaux dispositifs injectables, pré-remplis ou à usage unique, tels que l’Uniject, peuvent éliminer ou réduire certaines contraintes culturelles, géographiques et sociales. Ils sont faciles d’emploi et utilisables par des non professionnels tels que les accoucheuses traditionnelles et les enseignants, peuvent rester à températures ambiantes plus de 3 mois, et ils sont munis d’aiguilles plus petites qui peuvent diminuer la peur de l’injection conduisant souvent les mères à la refuser.

Un autre obstacle est de convaincre les communautés de vacciner les jeunes femmes contre le tétanos car elles peuvent être peu informées sur le tétanos ou non autorisées à être rencontrées par des étrangers. Pour cela, des efforts de mobilisation sociale pour informer et obtenir l’accord des responsables de la communauté, tels que chefs religieux et guérisseurs traditionnels, sont cruciaux pour le succès des activités d’immunisation.

Progrès


 

 

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